Le pont

L'écriture du Pont est pour moi une énigme : je ne sais plus aujourd'hui comment ce texte est né. D'un désir de fuite, de fugue peut-être (les deux personnages masculins sont l'un en errance, l'autre peut-être en fuite (comme le seront aussi es personnages de Trois Chaises, que j'écrirai quelques vingt ans plus tard). Je fis pour Coeur d'Artichaut-Théâtre, en 1993, la mise en scène de ce texte ; j'en conçus également la scénographie (que j'aurais pu imaginer plus légère ! ) Je me souviens d'un contexte de travail assez pénible : nous avons répété dans 8 lieux différents ! Le pont a été pourtant co-produit par le TJA (Théâtre des Jeunes Années, Centre Dramatique National pour l'Enfance et la Jeunesse de Lyon, que dirigeaient Maurice Yendt et Michel Dieuaide).

                                                     Danièle Rétif et Henri Osinski sur Le pont...

La fable : De part et d'autre d'une absence, celle d'un pont que les crues de la rivière ont emporté, deux hommes vivent leur errance interrompue et leur exil (volontaire pour l'un, forcé pour l'autre) et voient peu à peu s'émousser leur différence (différence de comportement, différence de génération) qu'ils tentent cependant de préserver, par la parole d'abord, maladroite et piégée, et lorsque celle-ci ne suffit plus, par d'autres moyens, dérisoires et émouvants... Et les multiples intrusions de la Dame des Ponts-et-Chaussées ne feront guère que compliquer leur fragile relation.


Le Pont a eu la chance (rare ! ) d'être joué dans les trois lieux alors emblématiques de l'activité théâtrale de l'agglomération stéphanoise : Le Nouvel Espace Culturel de Saint-Priest-en-Jarez (que dirigeait alors avec audace Françoise Gourbeyre), l'Esplanade de Saint-Etienne (dont Annick Bajard animait le secteur Jeune Public) et la Comédie de Saint-Etienne (dirigée alors par Daniel Benoin et qui amorçait un nouveau travail auprès du jeune public autour de textes contemporains).